| Fanny Penin
La matière prend corps entre les mains du sculpteur , elle se tord, se moule, se fond sous la pression des doigts, dans la paume des mains qui la maintiennent, elle résiste puis succombe à la tentation de la caresse. Sa respiration se suspend, un souffle la ranime dans la chambre noire : enchevêtrement de cordes, de tiges, étirements, entrelacs, courants, illumination, noyade, éclaboussements. La lumière est le grain de chaque chose. Il y a ici tout ce que j'arrive à dire et tout ce que je n'arrive pas à dire, que j'ignore… Je vais chercher dans la tension de l'éveil des désirs assoupis. Je n'ai plus de rapport au temps. Le flot blanc du papier. L'écume noire des songes. Le mot ne doit pas figer l'image. L'invisibilité de l'image est la source de la visibilité de l'esprit.
Ectoplasme Spectre Hallucination Fantôme L'étoffe de la femme se fait chair Et ne reste que la lumière L'écorce de la femme se fait pierre Capteur d'espace en flammes Paresse illusoire Distorsion de l'espace Ivresse sans artifice Lueur fugace Ether Vertige du saut interrompu Eveil Le songe continue Les yeux se dé-brouillent à l'orée des regards Maille à partir Avec le fil du temps Sans attache Et s'en vole Trouver l'élan propice
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